LE TRAVAIL

Alors que nous considérons surtout le travail dans sa dimension économique, saint Benoît l’envisage d’abord d’un point de vue spirituel. Il l’estime nécessaire à la vie du moine, car, écrit-il au chapitre 48 de sa Règle, «l’oisiveté est l’ennemie de l’âme». Le travail assigné à chacun doit être accompli en toute humilité, dans l’obéissance et en présence de Dieu. Benoît demande à l’abbé de veiller à ce que nul ne soit surmené.

Le travail permet au moine de conserver un bienfaisant équilibre d’esprit et de corps. Il l’associe à l’œuvre du Créateur. Benoît invite ses frères à prendre soin de toute chose et à «regarder tous les objets et tout ce que possède le monastère comme les vases sacrés de l’autel» (ch. 37). Cela a pour conséquence, bien sûr, qu’ils soient respectueux de l’environnement et de la nature. 

Le travail est aussi pour le moine un moyen d’assurer sa subsistance, de subvenir aux besoins du monastère et de partager avec les moins bien nantis. En cela, il vit sa condition humaine et n’est pas dispensé de gagner son pain à la sueur de son front (cf. Gn 3,19). À Saint-Benoît-du-Lac, les moines assurent leur subsistance surtout grâce à une fromagerie, un verger, une cidrerie et une boutique où sont vendus les produits de l’abbaye. 

Certaines fonctions, indispensables à la bonne marche du monastère, requièrent les services de quelques moines : comptable, maître des novices, infirmier, hôtelier, bibliothécaire, sacristain, portier, etc. Par ailleurs, l’étude de la théologie est d’une grande utilité pour ceux qui s’adonnent à la vie contemplative. Une formation théologique est dispensée aux jeunes moines et un programme de formation permanente est offert à tous.