SAINT BENOÎT DE NURSIE

Benoît naît de parents chrétiens vers l’an 480 à Nursie, en Ombrie (Italie). Voulant rompre avec le monde, il abandonne ses études à Rome et se retire dans une grotte près de la ville actuelle de Subiaco pour chercher Dieu dans la solitude et la prière.

Bientôt, sa renommée d’homme de Dieu lui attire de nombreux disciples. Vers 529, il va s’établir sur le mont Cassin avec quelques compagnons, où il fonde un monastère. C’est durant cette dernière étape de sa vie que, peu à peu, il rédige sa Règle des moines, seul écrit que nous ayons de lui. Il meurt vers 547.

Saint Benoît est considéré comme le «Patriarche des moines d’Occident». Bien qu’épris d’absolu, il a cherché aussi bien à rassurer le débutant et à encourager le faible qu’à inviter le plus fort au dépassement. Grâce à son équilibre et à sa modération, il a rendu le monachisme plus accessible et, pour des générations de moines et de moniales, sa Règle a été l’instrument précieux d’une recherche de Dieu.

Une règle monastique est un document écrit qui permet d’organiser la vie des diverses communautés monastiques. Elle est le fruit d’une expérience vécue et d’une tradition spirituelle.

Lorsque saint Benoît écrit sa Règle des moines, le monachisme chrétien existe depuis près de trois siècles déjà. Se faisant l’héritier et le continuateur de cette tradition, Benoît opère une synthèse de divers courants monastiques.

La Règle de saint Benoît est découpée en 73 chapitres de longueur variée, à la fois pratiques et spirituels, qui régissent la vie des moines. Grâce à son équilibre et à sa modération, elle a exercé une influence prépondérante sur le développement du monachisme en Occident, surtout après qu’elle eut été imposée comme règle unique par saint Benoît d’Aniane en 817, à la demande de Charlemagne, qui cherchait ainsi à unifier son empire.

Dans sa Règle, saint Benoît insiste sur l’obéissance. De même que la désobéissance éloigne de Dieu, écrit-il, l’obéissance l’en rapproche.  Elle est une réponse aimante à Dieu.  Le moine obéit à son abbé parce qu’il veut imiter le Christ qui est venu faire la volonté de son Père.  Dans un monastère, l’obéissance n’est pas seulement témoignée à l’abbé, mais aussi aux frères.

Saint Benoît attache aussi beaucoup d’importance au silence. Le monastère est une maison de silence et de paix. L’atmosphère de silence qui y règne favorise le recueillement et le dialogue intime du moine avec Dieu. Le silence est un chemin de liberté intérieure. Il est le signe d’une plénitude d’amour. Cependant la parole a sa juste place au monastère. Le travail et l’accueil la rendent parfois nécessaire.

Mais l’obéissance et le silence ne sont que des manifestations de l’humilité. Vertu importante dans la physionomie spirituelle du moine, Benoît y consacre un long chapitre (cf. ch. 7). Il compare notre vie en ce monde à une échelle que le Seigneur élève jusqu’au ciel si notre cœur s’humilie.